Livret de Tom Cairns en collaboration avec Thomas Adès, basé sur le film homonyme de Luis Buñuel (The Exterminating Angel, 1962).
'The Exterminating Angel' nous rappelle que ce qui est véritablement sacrilège n’est pas le blasphème, mais la routine vide et l’autosatisfaction.
Le film homonyme de Luis Buñuel devient une origine quasi mythique pour The Exterminating Angel, l’opéra de Thomas Adès, brillant compositeur qui dirigera également les représentations au Liceu. Adès transforme cet univers troublant en une architecture sonore fascinante : une musique riche en effets, en textures inhabituelles et en tensions subtiles qui ouvre les portes d’un rituel se désagrégeant lentement.
La production acclamée de Calixto Bieito pour l’Opéra national de Paris place le public dans un espace bourgeois et apparemment civilisé : un salon aristocratique qui, après un dîner raffiné, révèle la fragilité de ses rituels. Là où il devrait y avoir du sens, il n’y a que répétition ; là où il devrait y avoir de la liberté, une inertie asphyxiante s’accumule. C’est dans cet écart que surgit l’ange exterminateur : une force invisible qui fracture l’ordre et révèle la nature sacrilège d’une société ayant oublié le véritable sens du sacré.
Les invités, incapables de quitter la pièce, assistent à la dissolution du langage, des hiérarchies et des liens. L’élégance se transforme en animalité ; le salon en un autel corrompu où désir et peur remplacent toute étiquette. La musique d’Adès, pleine de gestes sonores surprenants, pousse le drame à son extrême : un rituel avorté, une liturgie perturbée par l’autosuffisance humaine.
Dans la vision de Bieito se dessine également une idée de rédemption : lorsque les invités acceptent leur vulnérabilité et répètent le geste qui les a condamnés, l’espace se dissout et, avec lui, le piège. La liberté n’advient pas par la force, mais par l’abandon. Ce n’est que lorsque le groupe embrasse sa fragilité que la porte s’ouvre enfin.
The Exterminating Angel n’impose aucune morale ; il offre une blessure. Il nous rappelle que ce qui est véritablement sacrilège n’est pas le blasphème, mais la routine vide et l’autosatisfaction. Et que seul l’art, dans sa capacité à troubler, peut rouvrir la porte du sacré.
🕒 Durée
environ 2 heures 15 minutes
Distribution
Lucia de Nobile : Jacqueline Stucker
Leticia Meynar : Gloria Tronel
Leonora Palma : Hilary Summers
Silvia de Avila : Claudia Boyle
Blanca Delgado : Christine Rice
Beatriz : Ilanah Lobel-Torres
Edmundo de Nobile : Nicky Spence
Raúl Yebenes
Colonel Álvaro Gómez : Jarrett Ott
Francisco de Avila : Anthony Roth Costanzo
Eduardo : Josh Lovell
Monsieur Russell : Philippe Sly
Alberto Roc : Paul Gay
Julio : Thomas Faulkner
Lucas : Caspar Singh
Enrique : Marc Sala
Pablo : Carlos Reynoso
Meni : Oihane González
Camila : Marcelina Román
Père Sansón : Régis Mengus
Mise en scène – Calixto Bieito
Décors – Anna-Sofia Kirsch
Costumes – Ingo Krügler
Lumières – Reinhard Traub
Production – Gran Teatre del Liceu, basée sur la production de l’Opéra national de Paris
Chœur du Gran Teatre del Liceu – Direction Pablo Assante
Orchestre symphonique du Gran Teatre del Liceu – Direction Thomas Adès
Lieu
Gran Teatre del Liceu
Le Grand Théâtre du Lycée de Barcelone (en catalan Gran Teatre del Liceu), connu comme el Liceu, est le théâtre le plus ancien et prestigieux de la cité comtale, spécialement comme théâtre d'opéra, considéré comme un des plus prestigieux du monde.
Situé sur La Rambla de Barcelone, il a vu représentées, depuis plus de 150 ans, les œuvres les plus prestigieuses, interprétées par les meilleurs chanteurs du monde. Durant des décennies, il a été le symbole et le lieu de rencontre de l'aristocratie et de la bourgeoisie catalane.
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